Citant Soo Kyung-ryul, professeur émérite en ingénierie nucléaire à l’Université de Séoul, le journal indique que la présidence de Trump représente « une opportunité rare » pour Séoul de discuter de ce dossier sensible avec Washington.
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Le professeur Soo estime que la Corée du Sud risque de se retrouver face à un choix crucial : soit « se soumettre » aux menaces croissantes de la Corée du Nord, soit s’exposer à des sanctions internationales en cas de développement de son propre arsenal nucléaire.
Selon cet expert, les capacités technologiques de Séoul lui permettraient de produire des armes nucléaires en « deux à trois mois » seulement, et il a ajouté que le gouvernement sud-coréen pourrait annoncer son retrait du Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP) dès 2025.
Dans un contexte connexe, le journal américain *Politico* a publié début janvier une liste de scénarios inattendus, appelés « cygnes noirs », susceptibles de marquer la politique étrangère en 2025, parmi lesquels figure la possibilité que la Corée du Sud procède à des essais nucléaires.
Cette analyse intervient alors que les tensions avec la Corée du Nord, qui poursuit son programme nucléaire malgré les sanctions internationales, ne cessent de s’intensifier.
À titre de rappel, le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, signé en 1968 et entré en vigueur en 1970, a désigné cinq pays comme puissances nucléaires reconnues (les États-Unis, l’Union soviétique, le Royaume-Uni, la France et la Chine), tout en interdisant l’émergence de nouvelles puissances nucléaires.
Ce traité oblige les États nucléaires à ne pas transférer de technologies nucléaires ni à aider d’autres pays à les développer, tandis que les autres signataires, comme l’Allemagne et la Corée du Sud, s’engagent à ne pas fabriquer ni recevoir d’armes nucléaires.
Ces développements placent la Corée du Sud à un tournant stratégique : les négociations avec les États-Unis pourraient redéfinir l’équilibre sécuritaire dans la péninsule coréenne, ou bien l’exposer à des pressions internationales sans précédent si elle opte pour une voie nucléaire indépendante.