Crise dans les rangs de la réserve israélienne : refus et épuisement menacent la preparedness militaire

VISION:- grandissante au sein de ses forces de réserve, dans le contexte des plans d’escalade des opérations militaires dans la bande de Gaza, qui nécessitent le recrutement de dizaines de milliers de réservistes.

Crise dans les rangs de la réserve israélienne : refus et épuisement menacent la preparedness militaire
Les réservistes se rebellent : l’armée israélienne face à des défis internes croissants

Après la décision du gouvernement de violer l’accord de cessez-le-feu et d’échange de prisonniers pour reprendre les combats, le commandement militaire a constaté une baisse notable du moral parmi les réservistes, suscitant des craintes quant à l’effondrement de la préparation face aux défis internes et externes.

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Refus de servir : des raisons politiques et morales

Au cours des deux dernières semaines, de nombreux réservistes ont contacté leurs commandants pour leur annoncer qu’ils n’avaient pas l’intention de se présenter à de nouvelles opérations de combat.

Ils ont justifié leur refus par les décisions controversées du gouvernement, telles que le limogeage du chef du Shin Bet, les tentatives de destitution de la conseillère juridique, et la modification de la composition du comité de nomination des juges.

Ils ont également exprimé leur inquiétude face à un possible mépris des arrêts de la Cour suprême, estimant que la « révolution judiciaire » menace les principes fondamentaux de l’institution militaire. Ces dernières semaines, plusieurs soldats ont publiquement annoncé leur refus de servir en guise de protestation contre ces évolutions.

Craintes des commandants : un effondrement potentiel des taux de mobilisation

Des officiers supérieurs des forces de réserve ont averti, lors de discussions avec le haut commandement, d’une possible baisse de 50 % des taux de mobilisation.

Ils ont identifié la violation de l’accord d’échange de prisonniers et la loi exemptant les religieux du service militaire comme les principales raisons de ce refus.

Un officier supérieur a expliqué à *Haaretz* que des dizaines de cas de refus ont été signalés aux commandants de brigades et de bataillons, obligeant les unités à emprunter des combattants à d’autres unités non engagées actuellement dans les combats.

Cependant, il a averti que cette solution ne tiendrait pas en cas de mobilisation massive, car les combattants prêtés retourneraient à leurs unités d’origine, ce qui pourrait paralyser les capacités des unités concernées. 

Refus gris et épuisement : des défis cumulés 

L’armée redoute la propagation du phénomène dit du « refus gris », où les soldats invoquent des excuses médicales ou familiales pour éviter le service, alors que leurs véritables motivations sont d’ordre politique ou éthique.

Un officier de réserve a confirmé que l’épuisement extrême, après des centaines de jours de service au cours de l’année écoulée, aggrave la crise. 

Il a signalé des tensions et des altercations au sein des unités, inédites auparavant, ajoutant : « Certains préfèrent prendre un vol bon marché vers n’importe quelle destination pour éviter de se présenter, ce qui témoigne de la profondeur de leur frustration ». 

Impact sur l’élite : retrait de commandants et combattants clés

Parmi les refusataires figurent des officiers et commandants occupant des postes critiques dans les domaines du combat et du renseignement, y compris dans des unités d’élite. Un groupe de combattants d’une unité prestigieuse a récemment informé son commandant de son refus de participer à une prochaine période de réserve. 

Les observateurs estiment que ce retrait pourrait directement affaiblir les capacités de l’armée face à une escalade potentielle, surtout avec l’augmentation des pressions internes et externes. 

Un défi sans précédent pour le commandement militaire 

Le haut commandement de l’armée israélienne est confronté à un dilemme complexe, où l’épuisement physique et psychologique se mêle aux divisions politiques, menaçant la stabilité des forces de réserve.

Les officiers mettent en garde contre le fait que négliger cette crise ne fera que l’aggraver, comme en témoignent les cas croissants de refus.

Dans ces circonstances, une question demeure : comment Israël parviendra-t-elle à maintenir sa preparedness militaire au milieu de cette agitation interne ?