Dans une analyse conjointe publiée par le magazine *National Interest*, Dewey Murdick, directeur exécutif du Centre pour la sécurité et les technologies émergentes de l’Université de Georgetown, et William Hannas, analyste principal au sein du même centre, soulignent que les États-Unis ont traversé des moments cruciaux comme les deux guerres mondiales, la Guerre froide, la crise économique des années 1970, l’essor du Japon dans les années 1980 ou les attentats du 11 septembre 2001.
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Cependant, la concurrence avec la Chine se distingue par son caractère unique : Pékin défie l’Amérique sur le plan économique, technologique, de l’influence mondiale et des ambitions géopolitiques, alors que Washington manque d’une stratégie cohérente pour relever ce défi inédit.
Actuellement, les États-Unis s’appuient sur des outils tels que les sanctions économiques et les menaces militaires, mais les experts jugent ces moyens insuffisants. Ils appellent à des stratégies novatrices, soutenues par une recherche continue pour évaluer les capacités chinoises, suivre ses avancées technologiques, analyser les risques économiques et comprendre ses interactions internationales.
Ils qualifient de "myope" l’idée de freiner l’ascension de la Chine par des restrictions à l’exportation, pointant du doigt sa puissance nucléaire et son avance en intelligence artificielle comme preuves de l’inefficacité de cette approche.
Ils avertissent que méconnaître la Chine pourrait entraîner des conflits militaires, des attaques contre les infrastructures ou des crises sanitaires, plaidant pour un dialogue constant et une confiance mutuelle avec Pékin, ainsi qu’un abandon de l’arrogance qui a marqué l’attitude de Washington envers la Chine et les pays autrefois dits du "tiers-monde".
Cependant, ils notent les faiblesses de la Chine, notamment la mainmise du Parti communiste et son recours à la surveillance et à la répression, qui limitent la créativité.
Exploiter ces failles pourrait sortir la politique américaine du cercle des réactions pour la recentrer sur des objectifs précis.
Les experts proposent trois axes :
- premièrement, des investissements massifs dans le développement des talents et la recherche à haut risque/haut rendement.
- Deuxièmement, reconnaître que la technologie seule ne garantit pas la domination, la Chine excellant à transformer les idées en produits grâce à des centres de recherche et des chaînes industrielles intégrées pour l’intelligence artificielle, renforçant ainsi son avance et sa menace pour les États-Unis.
- Troisièmement, développer un mécanisme efficace d’analyse des données scientifiques étrangères pour orienter les investissements et protéger la recherche américaine des fuites.