Cette fatigue, plus intense et durable que celle habituelle, peut persister des semaines, voire des années après la fin du traitement, affectant négativement la qualité de vie des patients.
Les approches traditionnelles pour lutter contre cette fatigue reposent sur les médicaments, l’exercice physique et la méditation, mais elles ne conviennent pas à tous.
Lire aussi :
Comme l’explique le Dr Munish Tiwari, professeur de médecine interne au Centre Rogel : "Ces mesures ne répondent qu’aux besoins d’une partie des patients, nous avons donc cherché à créer une solution plus accessible et universelle."
L’équipe a souligné que notre corps dépend d’une horloge biologique interne régulant le sommeil et l’éveil, et influençant des fonctions comme la digestion ou la température corporelle.
Des études montrent qu’un dérèglement de ce système aggrave la fatigue et altère la qualité de vie des patients atteints de cancer.
Heureusement, des facteurs externes comme l’exposition à la lumière peuvent réinitialiser ce rythme.
Cependant, comme le précise Caleb Mayer, premier auteur de l’étude, les traitements lumineux précédents ne tenaient pas compte des différences individuelles, demandant aux patients de s’exposer à la lumière à des heures fixes sans considération pour leurs propres patterns biologiques.
Pour surmonter ce défi, l’équipe a conçu l’application Arcasync, qui analyse les cycles de sommeil et d’éveil en fonction du rythme cardiaque et du niveau d’activité physique, puis propose des recommandations personnalisées, comme les meilleurs moments pour s’exposer à une lumière vive afin de booster l’énergie.
Testée sur 138 patients atteints de cancers du sein, de la prostate et du sang, l’application a montré, sur 12 semaines, des améliorations notables dans les niveaux de fatigue, les troubles du sommeil, l’anxiété, la dépression et la santé générale des utilisateurs.
Le Dr Sung Won Choi, professeur d’hématologie et d’oncologie pédiatrique, déclare : "Nous avons prouvé qu’un dispositif s’intégrant facilement dans la vie des patients peut guider leurs rythmes biologiques efficacement, surpassant potentiellement les médicaments ou les programmes d’exercice, quel que soit le type de cancer."
L’équipe prévoit d’élargir l’étude en se concentrant sur l’adhésion des patients aux recommandations lumineuses.
Olivia Walch, PDG d’Arcascope, ambitionne d’exploiter l’horloge biologique pour des objectifs thérapeutiques plus larges : "Notre premier but est la fatigue, mais nous visons aussi à optimiser l’efficacité des médicaments et à réduire leur toxicité en ajustant précisément le moment des doses."
Elle ajoute que les futures versions de l’application pourraient aider les patients à déterminer les meilleurs horaires pour prendre leurs traitements ou programmer leurs injections, maximisant ainsi les bénéfices tout en minimisant les effets secondaires.
L’étude a été publiée dans la revue *Cell Reports Medicine*, selon *Medical Xpress*.