Comme l'explique Maria Kombarova, secrétaire académique du département de protection de l'environnement, les humains ont d'abord détruit les cavités d'arbres pour récolter le miel, avant de comprendre qu'il était plus avantageux de protéger les colonies contre les prédateurs — une prise de conscience qui a conduit à l'apiculture traditionnelle, puis aux ruches modernes.
Aujourd'hui, les abeilles jouent un rôle indispensable : près de 80 % des cultures agricoles consommées par l'homme dépendent de leur pollinisation.
Pourtant, leur population a chuté d'environ un tiers au cours des quinze dernières années. Pesticides, changement climatique et pratiques apicoles intensives figurent parmi les principaux facteurs de ce déclin.
Les chercheurs soulignent également que l'espérance de vie des abeilles ouvrières est passée de 40 jours au siècle dernier à seulement 23 jours aujourd'hui, un indicateur inquiétant de la dégradation de leur environnement.
Ce dossier spécial explore aussi les merveilles de la production du miel — qui nécessite la visite de quatre millions de fleurs pour un seul kilogramme — ainsi que ses bienfaits nutritionnels, tout en rappelant les précautions d'usage pour les personnes allergiques et les jeunes enfants.
Face à l'urgence, les scientifiques russes appellent à une prise de conscience collective pour préserver ces pollinisateurs essentiels à la sécurité alimentaire mondiale.
VISION:— À l'occasion de la Journée mondiale de l'abeille, des scientifiques de l'Université technique de Perm ont révélé des faits historiques et scientifiques sur la relation entre l'homme et l'abeille, tout en alertant sur les conséquences graves du déclin de leurs populations pour la sécurité alimentaire mondiale.
Maria Kombarova, du département de protection de l'environnement, a expliqué que l'abeille est apparue il y a environ 100 millions d'années, et que les humains sont passés de simples cueilleurs de miel à des éleveurs protégeant les colonies, jetant ainsi les bases de l'apiculture moderne.
Les statistiques indiquent que 80 % des cultures agricoles dépendent de la pollinisation par les abeilles.
En cas de disparition de ces insectes, la plupart des fruits et légumes seraient gravement affectés, tandis que les cultures dépendant du vent, comme le blé et le riz, résisteraient mieux.
Au cours des quinze dernières années, les populations d'abeilles ont diminué d'environ un tiers en raison des pesticides, du changement climatique et des pratiques apicoles modernes.
Le Dr Mikhail Nitcheïev a rappelé le rôle historique de la Russie en tant que premier exportateur de produits de la ruche, grâce à ses vastes forêts et à la cire d'abeille précieuse utilisée dans les rituels religieux.
Aujourd'hui cependant, les abeilles font face à des défis sans précédent : l'espérance de vie des ouvrières est tombée à seulement 23 jours, et le phénomène d'« effondrement des colonies » se propage, ses causes restant à élucider, bien que les scientifiques suspectent l'implication de pesticides à concentrations non létales, de virus, du varroa et de parasites.
Concernant la production de miel, les chercheurs ont précisé qu'un kilogramme nécessite la visite de quatre millions de fleurs et un processus enzymatique de 45 jours.
Malgré les bienfaits nutritionnels du miel, riche en fructose et en vitamines, les experts déconseillent sa consommation aux enfants de moins de deux ans et aux personnes allergiques aux produits de la ruche.
Les scientifiques concluent que protéger les abeilles n'est pas une option, mais une nécessité vitale : sans ce petit pollinisateur, la production de la plupart des cultures alimentaires deviendrait impossible ou chuterait drastiquement, menaçant l'équilibre écologique et économique mondial.