« UN AUTRE CIEL », DE MOHAMED EL-HORR   (MAROC)

« Un autre ciel », est tirée de l’œuvre de Federico Garcia Lorca, « Yerma », adaptée et mise en scène par le Marocain Mohamed El-Horr et interprétée par Jalila Talemsi, Hajer El-Hamidi, Saïd Harrassi et Hachem Bestaoui.

C’est le récit d’une femme incapable d’avoir un enfant, trois ans après son mariage, une photographe qui lutte contre toutes les forces qui l’empêchent de donner la vie.

L’entame de la pièce se fait par une projection sur un écran d’une célèbre citation de Brecht :

« Que c’est cruel de mourir de soif au milieu de la mer, ô solitude, c’est toi ma patrie » …

De quelle soif s’agit-il donc et de quelle solitude ?

La soif pour cette jeune femme d’avoir un enfant et la solitude qu’elle vit avec un mari présent par le corps et absent par l’esprit ?

Puis un personnage fait son entrée sur scène et l’écran indique le moment des faits :

« Rabat, hiver 2010 » ; une jeune femme entre à son tour, ses gestes sont incohérents, racontant sa vie ennuyeuse et monotone, et du domaine de la photographie qu’elle considère une autre vie et un monde introspectif qui dévoile tout ce que l’on cherche à cacher.

Elle est rejointe par une femme qui a l’allure d’une prêtresse, avec laquelle elle va échanger des propos sur le mariage, sur le destin, sur l’enfant qu’elle veut avoir, sur le studio où elle pratique son passe-temps et sa passion, un labo photo sur son balcon, car son mari l’empêche de mettre le nez dehors !!!

Une longue discussion qui renvoie à ses conditions, sa solitude, et à un mari avec lequel aucune communication n’est plus possible, bien qu’ils se soient connus à Paris alors qu’elle suivait ses études aux Beaux-arts, et lui en architecture, sur fond d’une belle histoire d’amour.

Un jeune homme fait son entrée à son tour, plein d’énergie et de vie, s’allonge sur l’herbe et sculpte le ciel…

« Rabat, automne 2017 » : les événements et les personnages sont dans un autre temps, les choses changent sauf pour la jeune femme qui attend encore l’arrivée de son bébé ; le jeune l’informe qu’il doit partir.

Le mari devient de plus en plus irrité, la tension plus grande entre eux, la suit de près, même sur ses posts, l’interrogeant plusieurs fois sur les raisons de ces problèmes dans le couple et sans conviction, elle lui répondant sèchement : « Rien » !

« Rabat, printemps 2019 » : toutes les informations tournent autour des conflits, de la mort, de la destruction et une voix off pose la question : « Comment convaincre ? » et la dame reprend …

Et d’autres questions apparaissent sur l’écran. La prêtresse apporte un habit blanc qu’elle fait porter à la dame, alors que le mari présente ses excuses, mais il est déjà trop tard, la vie est devenue impossible entre les deux.

Et dans un geste de révolte, de vengeance et de désespoir, elle étrangle son mari qui tombe dans ce lac qu’elle avait érigé comme décor.

Quête de réponses, son parcours est finalement quête de liberté.

L’œuvre de Mohamed El-Horr est une immersion dans la réalité de la société arabe à travers ce couple, traduisant ses cassures, ses défaites, ses conflits avec elle-même et avec les autres, ses complexes, son isolement, l’absence de communication en son sein.

Et la grande question ici est de savoir qui est responsables de tous ces maux ???

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